11 novembre 2026 : Corbie, de 1636 à 1916: Deux guerres, Une Ville, Deux Visages : Introduction éditoriale 


🏞Le coin des curieux 

Bonjour à tous. 

Prenez un instant pour observer cette image : elle n’est pas simplement une illustration, mais un voyage à travers le temps et l'espace. Le document que vous avez sous les yeux est la page de titre de notre étude, intitulée "Corbie, de 1636 à 1916".

Regardez l'esthétique générale. Les bords sont usés, jaunis, et le papier semble avoir traversé des siècles pour nous parvenir. C'est une invitation à la découverte du passé.

🔹️Le titre lui-même est puissant, écrit en lettres capitales dorées : "CORBIE, DE 1636 À 1916". Il est suivi de notre fil conducteur : "Deux Guerres, Une Ville, Deux Visages de l'Histoire". Tout est dit dès le départ.

Le cœur de cette image, et de notre réflexion, est cette division centrale.

🔹️À gauche, vous plongez dans Le Siège de 1636. C’est l’époque de la Guerre de Trente Ans. L’illustration est une gravure classique, détaillée et dramatique. Vous voyez la place forte médiévale de Corbie, avec ses remparts imposants, attaquée de toutes parts. Les troupes espagnoles, reconnaissables à leurs piques et à leurs arquebuses, sont en action. Des boulets de canon sont tirés, et des incendies font rage à l’intérieur de la forteresse. C’est l’image même de la guerre médiévale : la défense d’un bastion.

🔹️À droite, vous faites un bond de 280 ans dans le futur : La Bataille de la Somme de 1916. C’est la Première Guerre mondiale. L’image change du tout au tout. Ce n’est plus une gravure, mais une peinture réaliste, presque photographique. Le décor n’est plus celui des remparts, mais celui d’un carrefour routier et ferroviaire. Nous sommes à l'arrière-front. Le train militaire arrive à la gare de Corbie, transportant les blessés de la Somme. Des soldats alliés (français, britanniques, australiens, néo-zélandais) en uniformes modernes attendent sur les rails. Le long de la route, on distingue une ambulance et des tentes médicales. Ce n’est plus une ville attaquée, mais une ville-carrefour, cosmopolite, dédiée au ravitaillement et, surtout, aux soins des blessés.

↪️Ces deux images, côte à côte, font dialoguer l'histoire. Elles vous montrent comment une même ville, Corbie, a changé de rôle. En 1636, elle était une forteresse à défendre ; en 1916, elle est devenue une ville de passage et de secours.

🔹️En bas de la page, un texte récapitule notre démarche, et un cachet de cire "CORBIE", avec les fleurs de lys, scelle l'authenticité de notre recherche historique.

Je vous invite maintenant à tourner la page et à découvrir l’article complet. L’histoire de Corbie ne fait que commencer.








🙂 Bienvenue sur notre espace historique

​À l'occasion du 11 novembre 2026, nous vous proposons une plongée inédite dans la mémoire de notre territoire. À travers ce dossier spécial, Séverine Abdellaoui-Chatelain croise deux dates clés de l'histoire de Corbie : le 390ᵉ anniversaire du siège de 1636 et le 110ᵉ anniversaire de la bataille de la Somme de 1916.

​Découvrez ci-dessous l'introduction éditoriale de cette série de deux articles.


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11 novembre 2026 : Corbie, de 1636 à 1916


Deux guerres, Une Ville, Deux Visages :


Introduction éditoriale 



Article de 

Séverine Abdellaoui-Chatelain

27 septembre 2026


À l'occasion du 11 novembre 2026, notre regard se porte naturellement vers la Première Guerre mondiale et vers les 110 ans de la bataille de la Somme.

Dans cette immense tragédie de 1916, Corbie occupe une place particulière. Si la ville n'est pas directement située sur la ligne de front, elle joue un rôle essentiel dans l'organisation de l'arrière. À proximité du champ de bataille, elle devient un important point de passage, de ravitaillement et surtout de soins. Les blessés de la Somme y sont évacués vers les structures médicales installées notamment à La Neuville. Les hôpitaux et les centres sanitaires accueillent ces hommes meurtris par les combats, tandis que les cimetières de Corbie et de La Neuville gardent encore aujourd'hui la mémoire de ceux qui n'ont pas survécu à leurs blessures.

Mais en cette année 2026, un autre anniversaire, beaucoup plus ancien, mérite également notre attention.

Il y a 390 ans, en 1636, Corbie connaissait l'un des épisodes les plus dramatiques de son histoire.

La ville fortifiée était alors prise par les troupes espagnoles avant d'être assiégée puis reconquise quelques mois plus tard par les armées de Louis XIII. Le siège de Corbie s'inscrivait dans la guerre de Trente Ans et avait pris une dimension considérable : la chute de la place forte avait fait craindre que la route de Paris ne soit ouverte aux forces ennemies.

390 ans séparent donc le siège de 1636 de la bataille de la Somme de 1916.

Deux guerres très différentes. Deux époques. Deux façons de faire la guerre.

Mais une même ville.

En 1636, Corbie est une place forte au cœur des ambitions européennes. Sa position en fait un enjeu que les puissances se disputent : la ville est prise, assiégée, puis reconquise.

En 1916, les remparts ont disparu. Pourtant, Corbie conserve une importance stratégique. Elle n'est plus une forteresse à défendre, mais une ville d'arrière-front, traversée par les hommes, les matériels et les convois sanitaires. Elle accueille des soldats français, britanniques, australiens, néo-zélandais et d'autres combattants alliés engagés dans la bataille de la Somme. Certains y sont soignés et repartent ; d'autres y meurent et y sont inhumés.

D'une époque à l'autre, la guerre a donc changé de forme, et avec elle le rôle de Corbie.

C'est précisément cette transformation qui constitue le fil conducteur de notre réflexion.

Une même ville, deux visages de la guerre

La question n'est pas de comparer artificiellement la guerre de Trente Ans et la Première Guerre mondiale, que près de trois siècles séparent. Il s'agit plutôt de comprendre comment une même ville peut occuper une place stratégique dans deux conflits aussi différents, et comment sa fonction évolue lorsque la guerre passe de celle des places fortes à celle des armées de masse et de l'arrière-front.

Autrement dit :

De 1636 à 1916, comment Corbie passe-t-elle d'une ville que les armées se disputent à une ville où les armées du monde se rencontrent, et que révèlent ces deux moments de l'histoire de la cité ?

Cette problématique permet de regarder les deux événements non pas séparément, mais en dialogue permanent.

En 1636, Corbie est au cœur des ambitions européennes : les armées viennent conquérir une place forte dont la maîtrise peut ouvrir la route de Paris.

En 1916, Corbie devient cosmopolite : la bataille de la Somme y fait converger des soldats venus de France, de Grande-Bretagne, d'Australie, de Nouvelle-Zélande et d'autres territoires alliés. La ville devient un lieu de passage, de soins, de rencontre et, pour certains, le dernier lieu de leur existence.

En 1636, l'Europe vient à Corbie pour s'en emparer. En 1916, le monde vient à Corbie pour combattre, transiter ou être soigné.

C'est cette évolution que nous vous proposons d'explorer à travers deux articles complémentaires, qui ne sépareront pas les deux dates mais les feront constamment dialoguer.

Premier article — 1636-1916 : de la forteresse au carrefour du monde

Nous reviendrons sur la place stratégique de Corbie et sur la manière dont celle-ci se transforme.

De la ville fortifiée de 1636, enjeu de la guerre de Trente Ans, à la ville d'arrière-front de 1916, intégrée aux immenses réseaux de transport, de ravitaillement et d'évacu7ation de la bataille de la Somme, nous suivrons la transformation de la fonction militaire de Corbie.

Les remparts ont disparu, mais la position de la ville continue de compter.

Deuxième article — 1636-1916 : de la ville assiégée à la ville cosmopolite

Nous nous intéresserons davantage aux hommes et à la vie de la cité.

En 1636, les habitants vivent au rythme de l'occupation et du siège. En 1916, ils voient arriver des soldats venus de différents horizons, notamment britanniques, australiens et néo-zélandais, ainsi que les blessés évacués du champ de bataille.

Des lieux de soins de La Neuville aux cimetières de Corbie et de La Neuville, nous suivrons cette autre géographie de la guerre : celle des hommes qui passent, sont soignés, parfois meurent et restent finalement dans la ville.

Ainsi, les 390 ans du siège de Corbie et les 110 ans de la bataille de la Somme ne sont pas deux anniversaires que nous juxtaposerons.

Ils nous offrent l'occasion de regarder Corbie sur près de trois siècles et de comprendre comment une ville peut changer de fonction sans perdre son.

En 1636, Corbie est une forteresse au cœur des ambitions européennes.

En 1916, elle devient une ville cosmopolite au cœur d'une guerre mondiale.

Deux dates.

Deux guerres.

Deux visages de Corbie.

Et, entre les deux, une même ville dont les pierres, les lieux de soins et les cimetières continuent de raconter l'histoire.




📜Auteure 

©Severine Abdellaoui-Chatelain/ Tous droits réservés 

(27 septembre 2026)




Pour découvrir la thématique

🔹️Jumel, Edmond, Corbie – Histoire et archéologie. La Vague verte, 2009. — Pour découvrir l’histoire de Corbie et son patrimoine. 

🔹️Livet, Georges, La Guerre de Trente Ans. Paris : PUF, coll. « Que sais-je ? », 1991. — Pour comprendre le contexte du siège de Corbie en 1636. 

🔹️Miquel, Pierre, Les Oubliés de la Somme : juillet-novembre 1916. Paris : Tallandier, 2001 ; rééd. Texto, 2019. — Pour découvrir la bataille de la Somme à travers l’expérience des combattants. 

🔹️Prost, Antoine ; Winter, Jay, Penser la Grande Guerre : un essai d’historiographie. Paris : Seuil, 2004. — Pour approfondir la manière dont la Grande Guerre a été étudiée et racontée. 




🔹️Hashtags :

#Corbie #1636 #1916 #BatailleDeLaSomme #GuerreDeTrenteAns #HistoireLocale

🔹️Mots-clés :

Corbie ; siège de 1636 ; guerre de Trente Ans ; Première Guerre mondiale ; bataille de la Somme ; La Neuville ; histoire locale.

🔹️Cotation Dewey :

944.2 — Histoire de la Picardie

🔹️Fonds patrimonial :

COR-HIST

🔹️Bibliothèque de section :

944.2 COR

🔹️Cotation archivistique :

COR-HIST-1636-1916

🔹️Indexation :

Corbie — Histoire — 1636-1916





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